L'Histoire de l'île de Sainte-Lucie

Sainte-Lucie


Des recherches archéologiques ont montré que Sainte-Lucie a été colonisée aux alentours de l'an 500 avant JC par les amérindiens Arawaks, qui arrivaient d'Amérique du sud. Les Arawaks, peuple d'une nature pacifique ne resistèrent pas à l'arrivée des amérindiens Caraïbs qui conquirent l'île vers l'an 800 de notre ère. Ils la baptisèrent Hewanorra, L'île de l'iguane, qui est maintenant le nom de l'aéroport international du sud de l'île.

Par contre, les circonstances de l'arrivée à Sainte-Lucie des européens demeurent sujettes à controverse. On a très longtemps cru que Christophe Colomb y accosta le 13 décembre 1502, jour de la sainte Lucie, mais les historiens pensent désormais qu'il n'y aurait jamais mis les pieds. Il est aujourd'hui admis que la date réelle de la découverte de Sainte-Lucie est inconnue, même si le 13 décembre est restée la fête nationale. Il s'agirait en fait d'un navigateur beaucoup moins connu, Juan de La Cosa, ancien compagnon de Colomb, qui l'aurait longée en 1499 ou 1504.
La première réelle présence européenne sur l'île date des années 1550 avec l'arrivée du flibustier francais, François Le Clerc, surnommé Jambe-de-bois, qui s'installa dans le nord, à Pigeon island. De là, il guettait le passage des lourds galions espagnols qu'il se faisait un plaisir d'attaquer.
Par deux fois, au début du XVIIe siècle les Britanniques tentèrent de fonder des colonies à Sainte-Lucie mais les Caraïbs se défendirent farouchement et ne les laissèrent pas s'installer durablement. Découragés, les Anglais abandonnèrent l'idée de fonder une colonie sur l'île.
Les Français ne furent pas en reste. En 1651, le gouverneur de la Martinique, M. du Parquet y envoya un groupe de Français sous la houlette de M. de Rousselan. Ce dernier s'installa sur la côte ouest près de Castries et fit immédiatement construire un fort surpruissant protégé par des canons. On se souvenait encore des malheureuses expériences anglaises! Mais le gouverneur de Rousselan fit encore mieux au point de vue diplomatique puisqu'il épousa une Amérindienne. Ainsi les Caraïbs laissèrent les Français en paix jusqu'à la mort du gouverneur en 1654. Après, ils tuèrent l'un après l'autre, les 3 gouverneurs français qui arrivèrent pour diriger l'île. Cela remotiva les Anglais pour repartir à la conquête de SL qui changea ainsi 14 fois de camp en 150 ans! La beauté de l'île et son importance stratégique y furent pour beaucoup.
Mais en 1782, eut sans doute lieue la bataille décisive qui sonna le glas de la présence française sur l'île. L'amiral George Rodney qui avait établi la base de la flotte anglaise dans la baie de Gros-Islet, lança une attaque victorieuse sur son ennemi français l'amiral De Grasse dans le passage de la Dominique. Cet épisode fut appelé la bataille des Saints. Les hostilités ne firent que s'aggraver à partir de cette date et la majorité des villages de l'île furent détruits dans les batailles, y compris Castries, la capitale, brulée entièrement en 1796.
C'est finalement en 1814, après la chute de Napoléon que Sainte-Lucie devint officiellement anglaise, mais l'influence francophone se fit sentir pendant longtemps puisque par exemple, ce n'est qu'en 1842 que l'anglais remplaça le français en temps que langue officielle!
Pendant la 2ème guerre mondiale, l'île fut marquée par la participation à l'effort de guerre et au blocus de la Martinique, fidèle à Vichy. Des bases aéro-navales américaines furent alors aménagées à Vieux-Fort, Gros-Islet et Pigeon Island alors qu'un sous-marin allemand coula deux navires dans la baie de Castries.
Il fallut attendre 1958 pour que l'île s'écarte une première fois du giron anglais en devenant un des membres de la Fédération des Antilles Britanniques, une entité semi-indépendante d'une dizaine d'îles qui ne dura que 4 ans. Finalement, en 1979 Sainte-Lucie acquit définitivement son indépendance mais resta dans le Commonwealth.