Petite histoire de la musique cubaine

Cuba


La musique et la danse coulent dans le sang de tout cubain qui se respecte. Mais au-delà du folklore, les tambours et guitares que l'on entend vibrer partout sur l'île sont profondément enracinés dans la culture insulaire. Apportés dans leur calvaire par les esclaves africains, les rythmes cubains se sont mélangés aux guitares et aux mélodies espagnoles pour créer un style qui s'est véritablement exporté dans le monde entier.
Cuba est un véritable creuset où ont été créés ou transformés une foule de rythmes: rumba, punto, habanera, tonada, danzón, son, cucaracha, batanga, bolero, changüi, guajira, mambo, cha-cha-cha, pachanga, songo, salsa, etc. Notons par exemple, que la rumba est certainement la forme artistique afro-cubaine la plus ancienne. Elle n'a jamais été définie comme un genre précis et le terme faisait à l'origine référence à n'importe quelle danse pratiquée par les esclaves.
La habanera s'est, pour sa part, développée au sein de la population hispanique de Cuba. Réservée aux couples, c'est une danse lente et sensuelle. Le danzón est apparu dans les couches aisées, à la différence de la rumba qui elle etait plus l'apanage du peuple.
Mais le son est le pilier de la musique populaire cubaine et c'est l'avènement de la radio dans les annees 1920 qui en fera la forme musicale la plus dansée de l'époque. L'orchestration était alors assurée par un sextet comprenant principalement des guitares et deux ou trois chanteurs. Les cuivres et les percussions se sont ajoutés à cette formation de base dans les années 40 et 50 pour créer de grands orchestres.
A ce moment là, la musique cubaine domine les pistes de danse du monde entier et impose des noms comme Celia Cruz, Alfredo Rodriguez et bien d'autres. Dans les années 60 et 70, le son cubain intégra des accents de jazz pour créer la salsa, qui a maintenant le succès que l'on connaît en Europe, en Amérique et même au Japon ou des orchestres ont attrapé le virus.
Enfin on se doit de citer 'Le Buena Vista Social Club', documentaire culte réalisé par Wim Wenders en 1999. Les "Social Club" étaient à l'origine des cercles mondains où les races ne se mélangeaient guère. Le documentaire s'inspirait d'un album exceptionnel produit en 1997 où le guitariste americain Ry Cooder avait réuni et fait joué ensemble des vieilles gloires du son et du boléro comme Omara Portuondo, Ibrahim Ferrer et Compay Segundo. L'album est depuis, devenu le disque le plus vendu de l'histoire de la musique cubaine.