Des études précises ont permis d'affirmer que La Dominique était déjà habitée en l'an 3000 av JC par un peuple amérindien venu d'Amérique du sud appelé les Ortoroïds. Ils disparurent pour des raisons inconnues vers 400 av JC et furent remplacés sur l'île par les gentils et paisibles Arawaks vers l'an 400 de notre ère. Vers 1400, ces-derniers furent chassés par les Caribs, un autre peuple amérindien, à la nature guerrière qui pris donc possession de l'île, la baptisant du nom de 'Waitikubuli', ce qui signifie "grand est son corps".
En 1493, alors qu'il passait le long de ses côtes, Christophe Colomb sans doute en manque d'imagination la nomma Dominique parce qu'on était dimanche. Les Espagnols, les Anglais et ensuite les Francais tentèrent bien d'y installer des colonies et des missionnaires mais les Caribs les massacrèrent ou les rendirent en échange de rançons. De plus, le relief accidenté de l'île favorisait les Amérindiens qui n'avaient aucun mal à créer des embuscades.
En 1607, notons tout de même que le fameux capitaine John Smith s'y arrêta, faisant relâche au camp de Porthsmouth avant d'aller créer la toute première colonie anglaise en Amérique du nord dans la future Virginie où il sera sauvé par la nom moins fameuse princesse indienne Pocahontas.
En 1642, le père Raymond Breton débarque à la Dominique et apprend la langue des Caribs. Il écrit un dictionnaire Carib-Francais qui inclut une description précise du mode de vie des Amérindiens, document inestimable pour mieux connaître leur vie quotidienne.
Ceci dit, toute installation étant trop difficile à maintenir à la Dominique, Anglais et Français se mirent d'accord avec les Caribs en 1660 pour faire de l'île et de celle de St Vincent un territoire neutre laissé aux Caribs. Malgré tout, les Français encadrant l'île par leurs possessions de la Guadeloupe et de la Martinique, ne purent résister à y établir des plantations de café dès la fin du XVIIe et à y nommer officiellement un gouverneur en 1720.
Ainsi tout au long du XVIIIe, de nombreuses batailles s'ensuivirent entre les deux puissances coloniales jusqu'au traité de Paris qui en 1763, octroya La Dominique aux Anglais et qui vit la France perdre la majorité des ses colonies. En même temps les Britanniques accordèrent aux Caribs un territoire au nord-est de l'île. Ce fait est unique dans l'histoire des îles de la Caraïbe ou tous les Amérindiens furent exterminés et d'ailleurs les descendants des Caribs de La Dominique vivent toujours sur ce même territoire.
Pendant ce temps, même si les Français tentèrent en vain de récupérer l'île, ils ne purent si réinstaller durablement et ne purent que brûler la capitale, Roseau, même si la population dominicaine, de culture francaise, les soutenait. La Dominique resta ainsi dans le giron de l'Angleterre, qui y développa la culture de la canne à sucre et aboli l'esclave en 1834. Le long déclin de la culture de la canne à sucre, plusieurs ouragans dévastateurs et une certaine instabilité politique firent de La Dominique un pays en difficulté qui finalement obtint son indépendance le 3 novembre 1978, exactement 485 ans après le passage de Christophe Colomb.
L'indépendance n'arrangea pas les choses car le premier dirigeant de l'île, Patrick John, dut démissionner l'année suivante pour différentes affaires de corruption. Entre autres, il avait passé des accords avec des développeurs américains afin de leur céder 15% du territoire de l'ile! De plus, en 1980, l'ouragan David heurta de plein fouet La Dominique avec des vents atteignant 230km/h, détruisant 75% du territoire.
Heureusement pour elle, les élections de 1980 portèrent au pouvoir une avocate, Mary Eugenia Charles qui devint ainsi la première femme dirigeante d'un pays de la Caraïbe. Echappant à deux tentatives de coup d'état de Patrick John, elle soutint l'invasion de l'île de la Grenade par les Américains qui accrurent leur aide financière à la Dominique. Elle resta au pouvoir pendant 15 ans et entreprit d'enrayer la corruption tout en préservant les beautés naturelles de l'île en developpant un tourisme écologique, améliorant du même coup la vie des Dominiquais. Elle respectait ainsi le devise créole de La Dominique 'Après Bondié c'est la ter' (Après Dieu, la Terre).
Suivant son retrait en 1995, la corruption reprit malheureusement le dessus et en 2000 pour essayer de rétablir la situation, les Dominiquais élurent le plus populaire des hommes politiques, Roosevelt Douglas. Il n'eut pas le temps d'appliquer ses réformes car il mourut huit mois après son élection. Il fut remplacé par Pierre Charles qui instaura un budget d'austerité, aidé en cela par l'IMF, la banque mondiale. Enfin, alors qu'en janvier 2004, l'économie de La Dominique était sur la voie du redressement, Pierre Charles mourut également subitement, n'ayant pu achever son travail.