Comme c'est le cas dans la plupart des îles de la Caraïbe, les premiers arrivants sur l'île de La Grenade furent les Amérindiens en provenance d'Amérique du sud. On estime que les tous premiers à débarquer furent les Cibonays, il y a environ 5000 ans. Ils furent suivi par les Arawaks, dotés d'une culture très avancée, eux-mêmes envahis par les Caraïbs, à l'esprit belliqueux. Ces derniers n'hésitèrent d'ailleurs pas à réduire en esclavage les pauvres Arawaks et nommèrent leur île Camerhogue.
C'est alors que survint la soi-disant découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. En 1498, lors de son 3ème voyage à la recherche d'un passage vers les Indes, il passa au large de l'île et la nomma Concepcion. Mais les marins qui trouvaient qu'elle ressemblait beaucoup à leur Andalousie natale lui préférèrent le nom de Granada, qui plus tard fut francisé en Grenade.
Les Caraïbs qui étaient de farouches guerriers réussirent à conserver leur île intacte pendant près de 150 ans et toute tentative de colonisation fut promptement exterminée. Ceci dit, en 1650, le gouverneur de la Martinique, Jacques du Parquet après négociations, acheta l'île aux Caraïbs pour quelques perles, couteaux et haches et s'empressa d'y installer 200 Français. Ces derniers, rapidement épuisés par les escarmouches des Amérindiens firent appel à l'armée qui entreprit de pacifier l'île. Les Caraïbs furent massacrés et les derniers survivants, hommes, femmes et enfants, encerclés au bord d'une falaise, préférèrent sauter et mourir plutôt que de se soumettre à l'envahisseur. Ce lieu, bien connu à La Grenade est appellé Sauteur Bay.
En 1762, après un siècle de domination francaise, les Britanniques conquirent l'île, et durant les 20 prochaines années La Grenade changea régulièrement de camp au gré des attaques entre Français et Anglais. En 1783, l'île devint définitivement britannique même si elle fut ensuite affectée par de nombreux problèmes entre l'administration anglaise et la minorité française qui resta sur l'île. Notons en particulier qu'en 1795, une révolte d'esclaves dirigée par un planteur noir, Julien Fédon, sensible aux idées des révolutionnaires français et soutenu par eux, réussit à prendre le contrôle de l'île pour une courte période de temps.
En 1974, La Grenade acquit finalement son indépendance incluant dans son territoire deux îles appartenant à l'archipel des Grenadines, Carriacou et Petite Martinique.
En 1979, un coup d'état porta au pouvoir Maurice Bishop, un avocat éduqué à Londres et chef du parti marxiste-léniniste, qui s'inspira et se rapprocha de Cuba et de l'Union soviétique. Mais en 1983, une lutte de pouvoir au sein du gouvernement se termina par l'arrestation et l'exécution de Maurice Bishop et de plusieurs membres de son cabinet par l'armée révolutionnaire. La situation de panique qui suivit, encouragea le président américain Ronald Reagan à y envoyer ses troupes en octobre 1984 pour rétablir l'ordre. Ayant définitivement tourné cette page difficîle de son histoire, La Grenade, régie maintenant par une constitution, est tournée vers le futur et vers l'expansion du tourisme sur l'île.