L'Histoire de la Guadeloupe

Guadeloupe


Les premiers habitants de l'île de la Guadeloupe furent des Amérindiens venus du Vénézuela quelques siècles avant notre ère. Ils s'appelaient les Arawaks, un peuple de pêcheurs très évolués et paisibles.
Vers le IXe siècle ils furent exterminés par la tribu guerrière des Caraïbs qui nommèrent leur île Karukéra c'est à dire “l'île aux belles eaux”. A l'arrivée de Christophe Colomb en 1493, elle prend le nom de Santa Maria de Guadalupe en hommage à un monastère d'Espagne.

En fait, les Espagnols s'intéressent peu à cette île et ceci est surtout dû à l'hostilité des Caraïbs. Finalement, commandés par Charles Liénard de l'Olive les premiers colons français - essentiellement des agriculteurs d'origine normande et bretonne - sont envoyés à partir de 1635 et les Caraïbs sont alors exterminés par les épidémies, l'alcool et les fusils. Mais les conditions de vie difficiles ont raison de l'énergie de ces premiers colons, et pour les remplacer ont fait appel aux esclaves africains.
Les cultures étant peu rentables, la Guadeloupe est vendue à Charles Houël, un administrateur habile, qui fut à l'origine de son essor grâce à l'introduction des plantations de sucre, de café et de cacao. Très rapidement, le roi Louis XIV récupère l'île et de nouvelles cultures sont introduites comme le coton et les épices.

Pendant la Révolution française, l'esclavage est aboli et un commissaire de la Republique, Victor Hugues est envoyé a la Guadeloupe pour en assurer l'application, ce qui vaudra à bon nombre de grand propriétaires royalistes et esclavagistes d'être guillotinés.

Huit ans plus tard, l'empereur Napoléon Ier décide de rétablir l'esclavage mais entre temps, les anciens esclaves s'étaient habitués à leur liberté. Par conséquent, l'arrivée sur l'île du général Richepance qui doit réinstaurer l'esclavage va provoquer des mouvements de résistance. Notons entre autres la révolte de Louis Delgrès, un jeune colonel mulâtre né sur l'île voisine de la Martinique. Il entraine avec lui les bataillons noirs républicains de l'armée mais rien y fera, car les troupes venant de Paris sont bien trop nombreuses. Le 28 mai 1802, blessé et encerclé sur les hauteurs de Matouba, il préfère se faire sauter avec 300 de ses compagnons plutôt que de se rendre. Il faudra encore attendre plus de 40 ans , sous l'impulsion du député Victor Schoelcher pour que le décret d'abolition définitif soit voté.

En remplacement des anciens esclaves on décida d'importer une nouvelle main d'oeuvre: les coolies. Ces travailleurs libres et rémunérés étaient d'origine annamite, chinoise et surtout indienne. Malgre leur dur labeur, cela n'empêche pas la faillite de nombreux planteurs et la fin de l'industrie sucrière qui sera remplacée, après la Seconde Guerre mondiale, par la culture de la banane, de l'ananas et du riz bien que la canne et le rhum restent néanmoins les principales denrées à l'exportation. En 1946, la Guadeloupe devient un département français et se tourne petit à petit vers le tourisme.
C'est alors qu'une série d'evenements incluant le passage dévastateur de plusieurs cyclones et l'accès à l'indépendance d'autres îles de la Caraïbe crée une mouvance independantiste qui avec des allies à la Martinique et en Guyane francaise va prendre pour nom: 'Alliance Révolutionnaire Caraïbe' ou ARC. I'ARC va exécuter toute une série d'attentats au cours des années 80 mais la date symbole restera le 28 mai 1983, date anniversaire de la mort de Louis Delgres ou 16 bombes explosent dans les trois departements français et à Paris. Luc Reinette, le chef de l'ARC sera finalement arrêté puis condamné à 33 ans de prison avant d'être gracié en 1989.
Enfin en 2003, à l'issu d'un référendum, la Guadeloupe se sépare de deux de ses îles, Saint Martin et Saint Barthélémy décidant de s'administrer elles-mêmes.